Robert ne veut pas lire lance prochainement une petite campagne. Rien de bien méchant. Une nouvelle publicité dans le lot des publicités produites en 2008. Est-ce nécessaire ? Nous en doutons. Mais comment faire bouger les gens sur la littérature ? Nous l’avons fait pour Gallimard plusieurs fois avec succès mais pour Robert, quoi faire ? Robert rend les téléphones moins cons en proposant des bouquins électroniques spécialement conçus pour ce médium. Est-ce les gens qui tiennent ces gadgets qui le seraient ? Pas plus, pas moins. Est-ce que le mot livre fait peur ? Si on fait un tour dans une librairie cela est certain que ce n’est pas l’endroit le plus accueillant au monde. Ce n’est pas la faute aux livres, ce sont les libraires qui déconnent en proposant une fausse culture élitiste chiante.
Pourtant personne ne parle des livres en 2008. C’est un mot qui disparaît du vocabulaire sauf une fois par année lors de la grande foire où les gens se ruent pour faire leurs emplettes de noël. Les livres n’ont plus aucun rôle public, ils sont entrés dans l’antre du privé. Les journalistes se foutent du monde du livre. Madonna a mille plus de puissance médiatique qu’un Jonathan Littell malgré l’importance des Bienveillantes dans la culture littéraire du 21e siècle. Pourtant les livres sont le dernier espace non contrôlé par la censure publicitaire. Celle qui sous la couleur de la création laisse penser que la liberté existe. Dans les livres vous pouvez encore vous exploser les neurones librement. Vous prenez le temps de lire, vous vous créez votre univers sans image extérieure. Juste une relation entre un narrateur et un lecteur. Un échange étroit, sensible, tout le contraire de ce qui est fait en 2008 dans les autres arts. Le groupe est devenu la norme. La littérature est une relation égoïste, Robert ne veut pas lire est une drogue douce. C’est unique mais nous ne réglons pas le problème de la lecture.
Avez-vous des suggestions ?





