Infopresse a pensé à nous pour un numéro spécial sur l’avenir de la communication.
Voici le texte
Chaque année, comme les bernaches qui font leurs incessantes migrations, la question de l’avenir des communication refait surface. Est-ce que demain sera mieux, moins, pareil qu’aujourd’hui ? On sait qu’hier était mieux, donc, selon la tendance tout devrait moins bien aller, mais, nous regretterons toujours 2015 lorsque nous serons en 2025. C’est un comportement normal, rassurant, comme l’est le riz au lait de maman.
Demain, nous ferons un métier excitant. Nous aurons toujours du plaisir et des colères. Notre client sera toujours un adorable con qui aime ce que nous faisons mais qui ne comprend pas toujours. Les relations humaines, les fondements de notre métier de communicateur, seront inchangées sauf sur un point, notre client saura mieux informé des tendances actuelles. Aujourd’hui, nous sommes dans ce futur à une échelle réduite. L’information circule vite, les créatifs « copient » rapidement les grandes tendances. Il y a un décalage de quelques semaines entre le moment où une idée est « produite » et que des ersatz se retrouvent un peu partout. Cela va s’accélérer, les clients seront informés en même temps que leur agence.
Le danger consiste à aller vers un goût généralisé.
Dans un article sur le village global publié dans le Monde,Umberto Eco démontre qu’il est presque impossible aujourd’hui de différencier le travail d’un artiste chinois d’un new-yorkais tellement les échanges culturels vont vite, malgré le fait que la Chine se soit ouverte au monde depuis moins de 15 ans. Les meilleures agences de Montréal ressemblent à celles de New-York, Tokyo, Londres. Elles font la même chose. Il n’y a aucune différence culturelle dans leurs productions. C’est le danger de notre futur. La communication sera technique et appliquée, des belles images vides sans jamais se mettre en danger. Les exemples des pubs Adidas ou de la Molson M sont exactement cet effet, des images creuses qu’un Marocain ou un Allemand peut comprendre en 2 secondes.
Plus vite, plus performant, plus éphémère.
Si tel est le cas, nous débarquons.
En revanche, il y a peut-être une façon de créer, comme le nomme Umberto Eco, une créolisation de la culture. Que nous nous abreuvions à la rivière globale mais que nous l’interprétions différemment. Il faudra que les agences investissent du temps et des efforts dans la culture générale de leurs employés. Un vrai défi pour une industrie qui travaille au rendement de 15%. Il faudrait que les stratèges, les consultants, les graphistes, etc…, abandonnent quelques temps leurs magazines et livres marketing pour se plonger dans Balzac, Aquin ou les uvres d’Ulysse Comtois. Cela n’a rien avoir avec la créativité tant de fois mentionnée à Montréal. C’est même antagoniste à ce réflexe pavlovien.
La communication de demain sera excellente si….