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Pourquoi

Nous arrivons à nos dix ans. Il nous reste cinq années car nous avons décidé un jour que les projets doivent tous avoir une fin. Nous ne voulons pas devenir une agence confortable pour des clients paresseux. Montréal possède déjà trop d’entreprises en communication qui fournissent du McDo. Nous n’avons jamais voulu cela et le seul danger qui nous guette est celui de devenir juste une structure.

Il arrive certains jours que nous ne comprenions plus trop certains mouvements artistiques. Cela est certainement le début du gâtisme. Ce réflexe qui consiste à dénigrer ce que l’on ne comprend pas. Nous avons côtoyé une belle bande de vieux « créa » qui passaient plus de temps à chialer sur la médiocrité de la jeunesse que juste se remettre en question. Ce danger nous guette. Nous devrons un jour arrêter et faire autre chose.

En revanche, il reste du temps pour nous amuser avec des clients qui aiment travailler avec une agence qui ne respecte pas nécessairement les règles. Nous n’avons quine seule qualité. L’honnêteté dans notre travail. Nous ne travaillons pas pour notre portfolio ni pour plaire au plus grand nombre. Nous œuvrons simplement avec le client. Cela est presque banal. Une relation. Nous sommes un partenaire et nous faisons avancer les choses en rythme.

Le travail sur la Maison Smith est un bel exemple. Durant seize mois, nous nous sommes amusés avec les Amis de la montagne à proposer, défaire, refaire, proposer, rire, discuter, échanger, rire pour que la Maison Smith devienne un lieu de vie sur la montagne. Le résultat est fou. Deux salles d’exposition, une boutique, un restaurant, des salles de réunions, une salle de bal, un livre, des bornes interactives, un réseau ad-hoc, du design d’intérieur pour une maison patrimoniale. Nous avons tout appris en même temps que notre client. Le résultat est détonnant. Cela est très loin des architectures « bling-bling » proposées par les agences locales. Nous sommes sortis de la communication pour penser à un projet où les visiteurs auront du plaisir à s’y arrêter. Un lieu où les employés seront contents  d’entrer le matin pour travailler. Des petites attentions, Lichen c’est exactement cela.

Nous n’avons ouvert aucun magazine. Nous avons juste relu quelques textes d’architectes et beaucoup de romans du 19e siècle. Oui, nous savons que cela est dépassé la lecture. Nous sommes comme cela. Il nous reste cinq années avant de faire autre chose. Nous craignons de devenir vides.

02
Mille mots par jour et pas un de plus

Un après-midi, après une visite de DHC/Art avec Zoé 10 ans, sur le retour vers la maison. En marchant depuis la rue St-Jean, Zoé nous parle d’un concept qu’elle aime.

Imagine, tu n’as que mille mots par jour. Tu ne peux dire ou écrire que mille mots. Pas un de plus. Cela commence à minuit et cela se terminera à 23 heures 59 pour que ton crédit soit remis à zéro.

L’idée est géniale. C’est un prémisse littéraire très intéressant.

Un matin, en survolant le site d’Infopresse, nous tombons sur cet article de Mitch Joel.

Nous sommes désolés d’avoir créer un lien entre Mitch et Zoé. Nous aurions pu choisir un autre consultant ou gourou.

Le but ne consiste pas à dénoncer untel dans ce papier. Nous sommes juste jaloux de Zoé et nous allons appliquer ce principe.

Est-ce que tout doit nécessairement être dit ? Les Twitter et Facebook ne sont-ils pas des outils où la pensée est gaspillée ?

Nous économisons nos paroles.

Au revoir.

02
Le design c’est de la merde

Ok, le titre est accrocheur. On pourrait même penser que nous faisons de nous une grande gueule de la communication que l’on voit partout.

Cette semaine lors d’une séance photographique chez JL Baril pour leur nouveau catalogue, nous avons eu l’idée de photographier les anciens modèles. Pourquoi ? Cela ne vous regarde pas !

Regardez ces photos. Ils sont vivants, drôles, audacieux, colorés, grotesques, … mais ils ont du style. Les années 80 semblent vingt plus tard, une époque audacieuse où l’on pouvait avoir mauvais goût. Il semble que la globalisation des années 2000 ont uniformisé toutes les aspérités potentielles. Tout est pareil, identique, comme un ipod, beau, cute, blanc, écolo, bien pensant, aseptisé, pédagogique, neutre, inodore, sympathique.

La faute à qui ou à quoi ?

La vitesse ultra-sonique de propagation des modes ? À la peur ? Au manque de risque ? Au corps professoral universitaire ? À vous les consommateurs ? À nous, les concepteurs ?

Un peu de tout cela et beaucoup d’une compréhension du design comme agent de bon goût. Qu’est-ce que le bon goût ? Le beige, les lignes droites, les grilles graphiques parfaitement alignées ?

En 2009, en nous basant sur ce que nous avons vu chez JL Baril, et nous détestons la nostalgie, Lichen souhaite pour les prochaines années que le moule qui formate nos produits quotidiens et nos idées se brise.

Juste pour le plaisir.

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03
La Roux et Christian Lacroix

Christian Lacroix, est-ce la même chose dans la mode, avec la suprématie d’enseignes telles que H&M ou Zara ?
Christian Lacroix – La crise est au contraire une occasion pour nous d’être encore plus créatifs. C’est pourquoi si nous parvenons à sortir la maison Lacroix de la mauvaise passe dans laquelle elle se trouve, j’ai l’intention de développer quelque chose de très spécial, quelque chose qui sera difficile à copier.
La Roux – Si vous faites quelque chose de très original dans votre collection, personne ne le copiera, les grandes chaînes ne reprennent que les choses ennuyeuses.
Christian Lacroix – Tout simplement parce que l’extravagance et la singularité ont disparu de la rue. Lorsque j’étais jeune, quand on avait un entretien d’embauche, l’important était d’être différent et de montrer cette singularité. Pas uniquement dans la mode ou pour les emplois dits “arty”, même pour travailler dans les banques. Aujourd’hui c’est l’inverse. J’ai l’impression que si les gens n’entrent pas dans le moule, ne se fondent pas dans la masse, alors ils ne retiennent pas l’attention.
La Roux – Avoir une personnalité est devenu risqué.

Lu dans l’application Les Inrocks.com pour iPhone.

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Revenons à la base

Les vacances sont terminées et voici l’impression que nous vivons en ce moment. Un couloir avec des objectifs à atteindre.

Nous avons un bilan de l’année qui fut riche en rebondissements professionnels. Nous avons appris beaucoup sur notre capacité à imaginer des concepts audacieux et pragmatiques. Lichen ne sera jamais une agence avec un produit créatif ultra-léché. Cela nous emmerde. Nous préférons pousser une idée plutôt que de regarder une ligne droite durant trois jours avant de prendre une décision sur un détail de design. Lichen est un atelier d’idées. À la rigueur, nous serions des consultants avec des capacités ultra-développées pour appliquer ce que nous suggérons.

2009 est cela.

Nous poussons encore plus loin ce que nous avons en tête.

Lichen va terminer sa huitième année et nous allons entrer dans la pré-adolescence.