« Est-ce que vous avez un regard critique sur le monde dans lequel vous vivez ?
Oui, assez violent. La dégradation de l’information et des médias est quelque chose qui me démonte. Le traitement des 20 ans de la chute du mur de Berlin dans l’espace médiatique m’a fait souffrir en continu. Radio France qui n’avait plus qu’une voix pour rendre compte de l’événement, c’était insupportable… Je ne peux plus regarder la télé non plus. J’ai envie que ce monde-là saute, que la banlieue se remue. Je comprends la haine de ceux qui souffrent, de ceux qui sont exclus. Ils en prennent plein la gueule, alors ils répondent. Je comprends. J’ai entendu la semaine dernière Eric Raoult engueuler le prix Goncourt, Marie NDiaye, parce qu’elle ne tenait pas sa langue. Ça me sidère. Maintenant on attend des artistes qu’ils consolident l’ordre dominant. Le cinéma français aussi me désole. Je le trouve englué dans une sociologie de merde. Je suis à l’Avance sur recettes et je peux vous dire que l’originalité est pénalisée. Surtout pas de trucs originaux, c’est un peu le mot d’ordre. »

