Cet article est paru une première fois en août 2008. Certaines personnes nous ont demandé de le ressortir.
Nous le faisons sagement.
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Nous sommes des scénographes. Le mot est pompeux. C’est comme se définir artiste. Ce sont les autres qui vous définissent par ce qualificatif.
Lichen est nommé scnénographe depuis que BAnQ nous a offert l’opportunité de réaliser une petite exposition au printemps 2008. Cet automne, nous sommes derrière une belle exposition sur Yves Thériault.
Cela nous amène à certaines réflexions sur ce métier. Nous remettons toujours tout en cause après avoir assimilé le sujet. La scénographie est simple. Ce sont des idées. À la base, nous n’avons aucun problème avec cette base. C’est notre force. Ensuite, c’est proposer et vendre le concept pour qu’il puisse devenir viable. CQDF.
Dans un esprit de muséologie, nous croyons que ce métier doit se réinventer. Il y a une paresse intellectuelle dans l’approche conceptuelle des expositions. C’est la même chose qu’il y a 50 ans. Il y a plus d’électronique, plus de choses qui bougent, mais le fondement est identique. On a un parcours statique au sein d’une présentation de choses. Le bonheur d’une exposition est d’être son propre spectateur. Visiter une exposition, c’est le même exercice que la lecture. On change de page/pièce/œuvre, on s’arrête on l’on veut, on revient, on part, on est libre. Tout le contraire du théâtre et du cinéma. La télévision a changé d’un mode imposé à celui de la « liberté » avec les enregistreurs numériques. Le téléspectateur peut avancer, revoir ou ralentir une scène, un moment télévisuel.
En scénographie on se doit d’interagir plus avec le spectateur. Mettre une œuvre sur un fond blanc ou de couleur ne suffit plus. Il doit y avoir un mélange d’orthodoxie et de modernité pour révolutionner la façon de monter, présenter des expositions.
La muséologie doit être plus audacieuse. Il y a une nouvelle façon de présenter les œuvres dans un environnement mouvant où les spectateurs ne sont pas pris en otage d’un quelconque délire de mise en scène tout en permettant une liberté de mouvement.
Nous y travaillons.

