Les années 2000 ont vu apparaître un nouveau genre de formation professionnelle : la conférence. Ce lieu contemporain de l’agora grecque où les différents marchants du Temple viennent distiller leur savoir. Longtemps cantonnée au milieu universitaire ou de temps en temps à la secte d’entreprise, la conférence est devenue la dernière sortie à la mode du jeune professionnel qui désire assimiler un savoir en quelques heures.
TED fut longtemps l’organisation qui proposait des conférenciers choisis pour leur pertinence. Une approche basée sur l’originalité et la rigueur intellectuelle des orateurs. Le succès aidant, le nombre de conférences a augmenté et le tout est devenu une marque de commerce qui emballe un « savoir ». Et les gens se précipitent pour « apprendre ».
Les conférences promettent tout. Comment devenir le futur Steve Jobs par exemple tel qu’Infopresse le prétendait. Elles garantissent un savoir pré-mâché qui vous permettra d’être plus pertinent dans votre travail.
La conférence n’a qu’un but : enrichir celui qui l’organise.
Et pourtant, le savoir ne devrait-il pas le fruit d’un effort personnel, d’un échange entre quelques individus qui partagent des expériences, des vécus et surtout des connaissances ? Les conférences ne sont pas des accélérateurs. C’est le temps qui permet de forger un humain. À 20 ans, on a la fraicheur qui compense la virginité. À 40 ans, l’expérience vient accélérer les habilités professionnelles car on peut puiser dans des pratiques vécues. La conférence n’est que procuration et vanité. Notre époque.
